ARC-Nucléart a participé, le vendredi 26 juin, à un grand événement organisé à l’Ambassade de la République Arabe d’Égypte en France, à l’occasion du cinquantenaire du traitement de la momie du pharaon Ramsès II, arrivée en France en 1976 pour être traitée contre un mal redoutable mettant en péril sa conservation.
L’événement, introduit par son excellence M. Tarek Dahroug, Ambassadeur d’Égypte en France, et Mme Anne-Isabelle Etienvre, Administratrice générale du CEA, a débuté par la projection du film Ramsès II, le rayonnement de la résurrection en 1976-1977, réalisé par le CEA, avant de se poursuivre par une table ronde réunissant les représentants de différentes institutions ayant participé au sauvetage de la momie, ainsi que celles et ceux qui en perpétuent aujourd’hui l’héritage :
MODERATEUR DE LA TABLE RONDE :
M. Laurent CORTELLA, Ingénieur en Physique nucléaire, Responsable des irradiations à ARC-Nucléart
PARTICIPANTS :
Mme Bénédicte LHOYER, Egyptologue, Co-commissaire de l’exposition Ramsès, l’or des Pharaons (Grande Halle de La Villette, 2023)
M. Christian DE TASSIGNY, Ancien Ingénieur du CEA – Grenoble, en charge de l’irradiation de la momie en 1977
Mme Christine LEFEVRE, Directrice des collections naturalistes et Directrice générale adjointe déléguée aux collections du Muséum National d’Histoire naturelle
M. Adrien BARDOU Ingénieur de la Police Technique et Scientifique au Laboratoire de Police Scientifique de Paris
M. Jean-Pierre CAYOL, Coordinateur du Département of Nuclear Sciences and Applications de l’AIEA,
M. Lazare ELOUNDOU ASSOMO Directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Les échanges ont également permis aux représentants de l’International Atomic Energy Agency (IAEA) et l’UNESCO, de témoigner de leur volonté commune de mener des actions conjointes de valorisation et de diffusion, autour de l’intérêt des technologies nucléaires pour la conservation du patrimoine.
Une forte mobilisation scientifique
En septembre 1976, la momie de Ramsès II quitte l’Égypte pour être prise en charge en France dans le cadre d’une vaste campagne d’études mobilisant de nombreuses institutions prestigieuses : le Musée du Louvre, le Muséum national d’Histoire naturelle, le Musée de l’Homme, le laboratoire de l’identité judiciaire de la Préfecture de Police, le CEA, l’Hôpital Ambroise-Paré, l’Institut Pasteur ou encore le laboratoire de recherche de L’Oréal.
Face à une dégradation avancée liée à la présence de micro-organismes, les équipes du projet Nucléart, alors rattachées au CEA et aujourd’hui ARC-Nucléart, proposent une solution inédite : l’utilisation de l’irradiation gamma pour éliminer les ravageurs biologiques sans altérer l’intégrité de la momie. Après plusieurs mois d’essais menés au centre CEA de Grenoble, le traitement est réalisé le 9 mai 1977 dans l’irradiateur Poséidon du centre CEA de Saclay. L’opération est un succès : deux jours plus tard, Ramsès II regagne l’Égypte pour être à nouveau présenté au Musée du Caire.
Comme l’a rappelé Mme Anne-Isabelle Etienvre, cette opération constitue « l’une des pierres fondatrices du travail collaboratif entre les institutions françaises et égyptiennes de la recherche sur le patrimoine. Depuis, les liens entre sciences et patrimoine n’ont cessé de se renforcer, ouvrant la voie à la préservation de nombreux biens culturels à travers le monde ». Près de cent scientifiques, ingénieurs, médecins, conservateurs et experts ont contribué à ce sauvetage exceptionnel, démontrant le rôle déterminant que peuvent jouer les technologies nucléaires dans la conservation du patrimoine mondial.
La participation d’ARC-Nucléart à cet événement a permis de célébrer une histoire emblématique, mais aussi de rappeler la continuité d’un savoir-faire unique au service de la préservation des biens culturels.
Nous adressons nos plus sincères remerciements à l’Ambassade de la République Arabe d’Égypte pour son accueil, ainsi qu’aux équipes du CEA qui ont grandement participé, à nos côtés, à l’organisation de cet évènement.



